Reine de coeur / Akira Mizubayashi

Livre

Mizubayashi, Akira (1951-....)

Edité par Gallimard - 2022

En 1939, Jun est étudiant au Conservatoire de Paris. Mais le conflit sino-japonais le contraint à rentrer au Japon. En quittant la France, il laisse derrière lui son grand amour, sa "reine de coeur", la jeune Anna. L'épreuve de la guerre sera d'une violence monstrueuse. Des années plus tard, Mizuné, une jeune altiste parisienne, découvre un roman qui lui rappelle étrangement le parcours de ses grands-parents, Jun et Anna, qu'elle n'a jamais connus. Bouleversée par la guerre et la folie des hommes, leur histoire d'amour, si intimement liée à la musique, pourrait bien trouver un prolongement inattendu. Le passé récent du Japon et les atrocités commises au nom de la grandeur nationale, la musique vécue comme ce que l'humanité porte en elle de meilleur, la transmission du passé malgré les silences familiaux, l'amour de la langue française : dans ce roman à la fois émouvant et captivant, Akira Mizubayashi continue d'explorer les thèmes qui lui sont chers.

Avis

Avis des lecteurs

  • Reine de coeur 4/5

    Mais là, ça vient, je crois, de la manière dont la musique fonctionne chez le personnage principal. Quand il entend de la musique, il voit des choses ; et, inversement, il entend de la musique quand il est en présence de certaines scènes… C’est très frappant" (P. 88) J'avais été troublé par ma découverte d'Akira Mizubayashi, il y a quelques semaines, troublé par cet auteur japonais, maitrisant si bien notre langue, lui donnant une musicalité que bien d'autres ne parviennent pas à traduire. Je venais d'achever "Âme brisée", et j'avais besoin de retrouver ce plaisir de lecture. Je suis bien incapable de lire une partition musicale, incapable de reconnaître une note de musique, sauf le "la" donné par le diapason, mais toutefois je reste envoûté par un concerto, par un concert, et par certaines musiques même religieuses....et par l'écriture d'Akira Mizubayashi, qui me rappellent tant ces complexités musicales, ces bonheurs; Sans aucun doute parce que j'admire la maîtrise du français de cet auteur, sa clarté, sa concision. Nous sommes certainement bien peu nombreux, à être capables de mémoriser la signification de quelques idéogrammes japonais....lui au contraire, parvient à nous captiver par son écriture....par sa maîtrise du français. Le roman débute dans le sang et la violence, un officier demande à un soldat de couper la tête d'un prisonnier avec un sabre. A ce moment, la France voit des files d'habitants fuir l'avancée allemande sur les routes, des foules apeurées par les bombardiers hitlériens, les tirs des Stukas volant sirènes hurlantes au ras du sol. Quelques pages après, nous rencontrons en novembre 2007 une jeune femme, musicienne de l'Orchestre Philharmonique de Paris, portant sur le dos un étui d'alto, une jeune femme qui quitte le Théâtre des Champs-Elysées... Quels sont les liens qui unissent ces scènes, ces périodes ? Comme lors de ma précédente lecture, alors que je découvrais Akira Mizubayashi, je comprends alors que musique, guerre, Histoire et Amour, vont me faire vibrer...Avec les mêmes lettres, avec les mêmes notes de musique, avec les mêmes thème d'amour, de violence, etc...un nouveau concert littéraire m'est proposé. Un concert organisé en mouvements, et en chapitres...avec la maîtrise d'un magicien des mots. Une nouvelle symphonie. Deuxième roman que je lis de cet auteur, deuxième roman que je ferme presque à regret...c'est certain, je reparlerai de lui

    L3796350138 - Le 29 janvier 2023 à 09:05